mardi 25 octobre 2011

mardi 25 octobre 2011 : retourS vers l'histoire

se retrouver après deux très longs mois
mais avoir tant attendu ça que de s'y mettre dans l'instant, sans perdre de temps, n'a pas été difficile

les aimer tant, eux, mes 5 à moi ce soir
mais chuuut

les remettre sur le fil de l'histoire d'Antigone
avec en fond sonore
la musique de Stamatis Spanoudakis
 lâcher prise et
encore assommés,
les amener vers Elle

la regarder marcher pieds nus, dehors, au milieu de la nuit
que penser d'elle ?
comment l'aimer elle ?
exister avec elle ? pour elle ? contre elle? malgré elle ?

être comme sa mère
être sa soeur
être l'homme qui l'aime, qu'elle aime

écouter à nous 6 la rumeur de l'histoire
se souvenir des belles choses d'août ... et ressentir la musique comme un voyage, visage souriant et ouvert, tellement ouvert d'Hémon
Vincent
renouer sans peine avec son Antigone, la voir passer du sombre au rayonnement
Anne-Sophie
approcher avec simplicité sa Nourrice, se poser des questions, oui, mais finalement, sembler la comprendre
Camille
parler de détermination et ... d'amour, d'amour, de tellement d'amour
Amélie
commencer à/ imaginer / se sentir un peu vide / mais être là / approcher doucement mais sûrement
Emiri

et puis choper le texte dans une main et le balancer comme on peut
fragile
mais c'est pas grave
c'est aussi ça, commencer à travailler, à entrer dans, sentir de l'intérieur et prendre le temps ... que ça prenne, que ça monte comme une évidence
alors on laisse un temps de côté et la prochaine fois, j'en suis certaine, sera la bonne
Amélie ... Camille ...

passer à une autre scène
découvrir
à la lecture déjà être juste
ni au dessus, ni en deça
être juste
avec cette voix à la beauté pure
Emiri
en énième rencontre avec son évidente partenaire
Anne Sophie
à la ville à la scène, cela semble , oui, comme une évidente simplicité
ce luxe incroyable que d'être si bien en scène avec une personne, pudeur, confiance, oui ... évidence
alors ça coule de source et c'est bon de vous entendre toutes deux vous répondre, vous regarder, vous opposer
tellement ouvertes à ce que je vous demande
tellement profondément là, engagées, oui, engagées

à voir s'approcher la fin ...déjà,
mais trouver le vrai temps de revoir Hémon
entre madeleines et fous rire, mince, la pudeur nous fait défaut et difficile soudain de faire dire à deux corps, deux visages qu'ils s'aiment d'amour fort
ne pas se décourager
ces instants là qui forment remparts, vous avez de quoi les rendre plus malléables
bientôt, Anne Sophie, Vincent, vous en serez les maîtres et vous saurez travailler de cette pudeur comme vous le faites déjà certains moments, pour arriver là où vous voulez aller, car c'est ça l'important : tous deux savez où vous voulez aller, vers quoi tendent ces deux là, d'Hémon et d'Antigone, et vous savez reconnaître le juste du faux alors ... alors ... vous avez tout ce qu'il faut, et je suis là ...

Enfin, vous laisser ce soir avec cette Antigone de papier ...



samedi 6 août 2011

Vendredi 5 août : où la fin de la résidence promet d'évidents lendemains

Trois soirs qui sont allés crescendo, même si je pouvais imaginer, de vous à moi, le meilleur, il arrive que, parfois, certains moments glissent un peu vers le bas pour mieux remonter ensuite
non
nous n'avions que trois petits soirs,
mais aussi trois longues soirées
et elles sont allées crescendo

dernier soir donc
faire le vide d'abord, en écoutant,
autour de la yourte
le vent
danser les feuilles sur le bitume

vous faire le personnage du Prologue
vous raconter l'histoire d'Antigone

vous écouter
elle en Nourrice
lui en Ismène
elle en Antigone

vous refiler les débuts de Sophocle
dans la traduction mise en scène il y a quelques semaines à Avignon
par Wajdi Mouawad (ce nom forcément qui a sonné entre vous comme un jeu !)

se gaver des divins cookies de V.
se griller au camping-gaz les marshmallows d'A.S
puis,

 en linges de coton blanc trouvés ça et là
 danser sur Ionatos



et travailler
Hémon
lui trouver sa belle légèreté
ne pas trop chercher
en baver un peu, mais c'est pas grave
c'est que ça travaille, ou que ça détravaille le cerveau, le corps

et travailler
Antigone
lui défaire un peu de sa gravité
se défaire du lyrisme, de l'emphase
comme baisser d'un ton


A. et moi échangions des regards qui disaient que le chemin pris par V., oui, commençait tout juste d'être le bon quand Hémon a commencé de surgir, par petites bribes,

A. et moi avons assisté à l'éclosion de l'Antigone d'A.S
c'était juste pur, c'était juste ça
c'était profondément beau, profondément beau , profondément ...

et puis
c'était l'heure de
 repartir,
gaiement,
comme une bande de voleurs ...



une bande qui n'a pas fini, c'est sûr, de comploter  !

jeudi 4 août 2011

Jeudi 4 août 2011 : mise en mots

où, en quelques minutes et quelques pas, à peine, la magie s'amène, l'air de rien, et que je crois en mesurer la chance, et que je sais à quel point vous en mesurez, vous quatre, avec simplicité, la chance.
Ne jamais être sûre, c'est aussi cet état-là, de funambule, qui est bon.
N'être sûre de rien sauf de l'élégance des esprits qui sont là, présents sous l'espace de la yourte, élégance qui sonne comme une promesse, toujours, d'instants uniques.
On est là, dans notre bulle de yourte, à chercher du sens, à tenter de dire le sens, de défroisser des bribes , pour commencer.
C'est un peu fou,
c'est carrément essentiel.
Il faut
chercher en soi
creuser
toucher juste
chercher l'épure
ne pas trop chercher peut être ...
et regarder ça, ensemble, sur un drap accroché aux treillis de la yourte :

extrait de Café Müller, de Pina Bausch 


puis écouter vos mises en mots, à vous, vous trois seulement, puisque notre C. n'a pu être là ce soir ...


"Intimité                                 confort
                                                               confiance en chacun                                    amitié                     continuer
 jouer
 tourner
merci"
       V.



"Mon esprit était clair grâce à notre séance d'hier soir. Antigone le personnage était resté dans un coin de ma tête, aussi, me fallait-il y penser, et celui-ci surgissait.
Ce personnage est entier et permet, m'a permis, non pas de penser à des attitudes, mais d'évacuer les mauvaises ondes. Je me suis retrouvée dans une bulle, c'était comme si ce qui m'entourait devenait infini.
Le théâtre. Les paroles, les sensations, l'expérience et le ressenti, le rôle et que celui-ci nous envahisse, nous habite.
Car au fond que l'on se retrouve ou non dans un personnage, le premier état est que l'on se cherche.
Le théâtre n'est pas une histoire. Le début est redoutable, par le fait que c'est un art complexe parfois un don, puis les péripéties avec les répliques, les défis personnels, et les rencontres aussi humaines que celles imaginées avec les personnages.
Mais une fois un pas fait dans le théâtre, le talon ne peut faire demi-tour. Qu'on soit convié à être ou non le protagoniste d'une pièce, nul individu ne pourra arrêter ce que le théâtre donne.
Non, ce n'est pas une histoire, c'est un chemin.
Avec des indications, des barrières et des guides.
Les averses de joie, les fondus de larmes.
C'est un chemin qui mène toujours un peu plus à prendre conscience de ce qu'est l'existence de chacun, en passant par une scène qui ne l'oublions pas n'est qu'à une marche de la réalité."
A.S

"en venant ici, je me demandais ce qu'on allait faire. Quand j'ai appris le projet de Céline, celui de travailler Antigone, je me suis dit : "Oh non ! Pas ça ! (A. a de mauvais souvenirs de ce texte tellement décortiqué en classe de collège !)
En même temps, je me suis rappelée le plaisir que j'avais eu à lire cette pièce. J'avais tout de suite apprécié le personnage d'Antigone, je voulais jouer cette jeune femme qui me ressemble par certains aspects.
J'aimais ceux qu'elle aimait, je vivais ce qu'elle vivait. Je comprenais ses sentiments, ses émotions. Parler ensemble de cette pièce m'a fait voir qu'on pouvait trouver une nouvelle approche, sans parler d'obligation ni de labeur, mais de plaisir.
C'est très fort de partager ces moments, très important pour moi, avec un petit groupe d'amis pendant des instants de convivialité, de réflexion, de joie. C'est une sensation de bien-être, de redécouverte également. Antigone est belle, en toute simplicité, malgré sa peur de la mort, le courage est sa force et sa plus grande beauté !"
A.

Mercredi 3 août 2011 : où commence la résidence d'été

Se retrouver, d'abord.



Et puis plonger, très vite
Cinq visages on est
à zieuter, faire danser les mots d'Anouilh




c'est parti, je crois, vraiment, pour Antigone !